Mon c½ur est en pleurs, ma tête explosive, mon corps trop lourd me pèse et me supplie de le garder debout, de l'empêcher de chuter dans le néant. Il tente de ne pas s'effondrer dans un trou noir, profond, où l'espoir n'est plus permis, n'est plus accessible.
J'ai si mal, si mal à mon corps si fragile et si frêle. Mes yeux saignent de ce sang maladroit qui couvre ma dépouille entière de blessures si froides et amères. Mon cadavre flotte et s'étend dans cette matière rouge où la souffrance et les cris ne font que m'agacer et s'accrocher à ma tête.
Je ne m'en vais nulle part, je tremble et mes sens ne répondent plus. Rien ne va, plus rien ne va et je tente de m'accrocher solidement à la vie qui me glisse d'entre les doigts. Tel un funambule marchant sur la corde raide, j'essaie de ne pas perdre pied et de rester debout. Mes pieds, eux, tendent à se tordre et à se laisser aller.
J'essaie de courir aussi vite que je le peux pour fuir cet abîme qui veut me manger, me mordre et m'entraîner avec lui. Mais mon souffle se perd, me perd. Je suis tellement épuisé que mon âme est en perte de souffle, en perte de tout. Je perds mes armes, je perds mon âme. Je n'ai plus envie de courir, ni de me battre parce que vous voyez, prendre la fuite, j'ai fais ça toute ma vie.
Pourquoi la mort? Parce que je me heurte sans cesse à elle, chaque jour, chaque heure et chaque seconde. C'est une captivante obsession qu'est cet arrêt définitif, ce retour à la poussière. On naît seul et on meurt seul : une grande histoire de solitude. J'ai plein de taches recouvrant mon cadavre, des cicatrices permanentes qui ne s'effacent plus, qui me brûlent de la chair jusqu'au c½ur, mon c½ur qui ne pleure plus, qui ne bat plus. Je vous laisse en souvenirs mes déchirures, mes maux pour vous infliger ma douleur.