J'ai le coeur à l'envers, la peau de travers. le souffle me manque, et j'ai peur. Je suis terrorisé par la froideur, mes os en tremblent. Ma tête implose et me fait grimacer . Je tente de rester insensible à cette perte de chaleur angoissante et étouffante. J'ai mal, mal de ne pas pouvoir continuer à prendre de ton air. Ne perd pas, ne perd pas la joute, car les pions doivent sensiblement rester debout, accrochés, ancrés à mon cou. Tout se brouille, les yeux secs remplis de larmes. J'en peux plus de ces pleurs enfantins qui ne mènent à rien. Libère moi de ces cordes si raides qui m'étranglent et qui m'empêchent de rester conscient dans ce monde désilusionné, sans raison. Est-ce que je peux quand même te prendre la main, les liens au cou, et m'enfuir en courant avec toi. Je ne sais pas où, je ne sais pas comment, mais est-ce qu'on pourrait, dis-moi? tu vois, moi, ces banalités et cette foutue même rengaine, j'en ai plus que marre. suis-moi, serre moi, on pourrait peut-être s'envoler...

